Pardon à mes deux lecteurs, mais je vais torcher ce post, vu que je n’ai dormi que deux heures la nuit dernière. Pour marquer la fin de l’année (et tester mon goût de la nuit, avant de répondre à une pressante invitation à passer le reste de l’été à Ibiza), je suis retourné au Queen hier soir. Hier soir, oui, c’était dimanche, et tous les dimanches, au Queen, c’est la même chose. Dans un monde où tout change, où les vieilles idoles se sont écroulées et aucune de nouvelle n’a pu tenir debout plus d’un mois, il est bon de se plonger dans un rite hors du temps, avec ses prêtres, ses usages, ses commandements, sa liturgie et ses chants. Un autre que moi y a consacré ailleurs des longs développements assommants, je me retiendrai donc, et je ne vous parlerai que des corps, car les corps, il n’y a qu’eux, comme disait quelqu’un qui en avait possédé beaucoup. Les corps, ce n’est pas très respectueux, mais on peine à trouver à tous ces beaux garçons un autre usage que la jouissance, tant leur personnalité s’est concentrée dans le désir de plaire et d’être pris. C’est un peu comme sur le net, sauf que là c’est en trois dimensions, ca arrache, quoi.
…I still belieeeeve..bom bom…that someday you and meeeee…bom bom…will find a waaaaay…
Il y a d’abord les jeunes premiers : du jeune premier depuis cinq ans au jeune premier depuis six mois. La datation du jeune premier est difficile, sous une lumière aussi trompeuse, mais la monomanie du regard ne trompe pas. Les plus anciens ont le regard sûr de celui qui sait repérer le merlus frais parmi deux tonnes de poissons; les plus jeunes perdent encore du temps à regarder les spots.
…Here am I with my desire
Feel it burning just for you
My, oh my, this love divine
is talking me to somewhere new…
Parmi les nouveaux de la saison, le grand X…, les cheveux savamment décoiffés, et les yeux bleu narcissique, qui prétendent en imposer à tous ceux qui les croisent, mais dont l’aspect si vitreux nous emplit surtout de honte de ne pas avoir donné plus d’argent contre les maladies orphelines du cerveau.
…bam bom bom /bam bom bom/ bam bom bom/
Love is in the air
everywhere I look around
love is in the air
every sight and every sound…
Il y a l’autre fier qui ne s’absente de rezog que pour venir danser le dimanche soir, car il doit absolument informer quotidiennement et continûment les internautes gays qu’il ne cherche rien. je suis allé lui glisser à l’oreille qu’il devrait tenter sa chance au CNRS, il a le profil.
…And I don’t know if I’m just dreaming….
La nuit avance. Je tente ma chance avec deux ou trois débardeurs. “Bonjour, je suis elizabethtessier de GA” dis-je. “Connais pas” me répond-on. “Si, si, le rocardien le plus drôle de la blogosphère” Regard irrité de l’objet de ma convoitise. “ben je m’en fous” Et moi “Nonobstant, je suppose ?”
…I am beautiful no matter what they say
Words can’t bring me down
I am beautiful in every single way
Yes, words can’t bring me down
So don’t you bring me down today…
Les mecs torse nus se sont pour la plupart abstenus d’une douche avant de venir, ce qui donne à l’ambiance cet inimitable caractère épicé. Ils se rincent donc à la sueur de leurs voisins, et nous rappellent souvent à leur bon souvenir en levant les bras.Soudain, pluie de confettis qui s’abattent comme des milliers de condylômes roses sur les danseurs en extase.
…I decided long ago, never to walk in anyone’s shadows
If I fail, if I succeed
At least I live as I believe
No matter what they take from me
They can’t take away my dignity
Because the (bom clap clap) greatest love of all (bom clap clap)
Is happening to me (bom clap clap)…
Je finis sur un semi podium. Je regarde la nuque du danseur devant moi. Il a l’air assez jeune, il est fin mais sans maigreur. Il a des muscles de mec, pas de barrique de salle de sport, une peau douce et chaude, un débardeur . Je me sens à l’abri près de ses épaules, à l’abri près de sa poitrine, � l’abri pr�s de sa nuque :All my fears, at last, at last behind me Il a peut être une dizaine d’années de moins que moi, et pourtant j’ai l’impression d’avoir dix ans quand je suis contre lui. Allez, beau brun taciturne, prends moi dans tes bras, donne moi ton épaule, laisse moi boire à ton visage. Ce soir, nous sommes au paradis.
the (bom clap clap) greatest love of all (bom clap clap)
Is happening to me (bom clap clap).
C’est fou ce que ça donne envie de se ruer au Queen.
en tous cas chapeau pour le style et l’humour!et en effet cela ne me donne pas envie d’y retourner une seconde fois