Ma rupture avec Vincent a duré trois ans. L’éclair me dure comme écrivait René Char pour pouvoir se tapper des profs de lettres. Il faut qu’une telle expérience serve, n’est-ce pas ? J’en tire un grand nombre de leçons, la plupart sont disponibles contre rémunération en nature ou en espèces, mais je peux vous en livrer une tout de suite, comme cela, gratuitement, pour vous féliciter d’avoir eu le nez creux en vous connectant à cette adresse. Une rupture, ça ouvre une période de 100 jours que vous pouvez mener de deux manières. Ou bien la subir, en pleurant ce qui jamais ne sera plus; ou en jouir, en vous servant du bonheur encore si proche pour oser ce que vous n’oseriez jamais, pour frapper à des portes qui ne s’ouvrent que difficilement, pour tenter des aventures qui à elles seules justifient une vie. Pensez à ce que vous avez accompli, lisez ce que les autres ont fait pendant ce temps là, et dîtes vous que vous aurez toujours cet avantage insurpassable, sur n’importe quel rival, d’avoir connu la féérie. Avec assez de beaux souvenirs pour tenir une détention préventive française, vous pouvez vous permettre d’attendre et d’exiger, et surtout, vous pouvez promettre beaucoup au prochain.